L’archipel de Zanzibar se compose de deux îles principales, situées à moins de 100 kilomètres à l’est de la Tanzanie continentale. Réputé pour ses plages de sable blanc et ses suites pour lune de miel, cet archipel est une destination touristique populaire. Les conditions de vie y sont néanmoins peu glorieuses pour sa population, forte de 1,5 million de personnes. Zanzibar est confronté aux défis typiques des pays en développement, dont un secteur de la santé chroniquement sous-financé. 


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Le docteur Ignas Massawe effectuant une échographie à une patiente (© Fondation PharmAccess)

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En tant que responsable du financement des soins de santé au sein du ministère de la Santé à Zanzibar, Abdul-latif Haji supervise l’élaboration d’une nouvelle stratégie de financement de la santé pour les années à venir. Fort de sa formation d’économiste, il a décidé, selon ses propres dires, de « consacrer sa carrière à renforcer les soins de santé et à comprendre tous les aspects du système de santé zanzibarite ».  

« À Zanzibar, l’accès aux services de santé primaires et tertiaires [spécialisés] est gratuit pour toutes et tous », précise Abdul-Latif. Aucune distinction n’est opérée, que vous soyez Zanzibarite, touriste ou immigrant·e. Mais le secteur de la santé est débordé. Face au contexte d’une population croissante et de sources de revenus limitées, nous ne sommes pas en mesure de prendre soin de tou·tes les malades. »

Outre les défis à relever en matière de capacité et de financement, Zanzibar est également confronté à une pénurie de personnel de santé qualifié, de médicaments et de services de qualité.

« Nous ne disposons que d’un seul hôpital de référence à Zanzibar qui offre des soins spécialisés ; pour les cas plus compliqués comme les opérations du cœur, nous devons envoyer les patient·es à l’étranger. Parfois en Tanzanie continentale, mais plus souvent en Inde ou en Israël. Les traitements médicaux prodigués à l’étranger accaparent une part importante et croissante des ressources de notre ministère. »  

À l’issue de la révolution de 1964, le gouvernement zanzibarite a promis à ses citoyens et citoyennes la gratuité des soins de santé.

« Il est important de tenir notre promesse », souligne Abdul-Latif. « Néanmoins, la première priorité est de veiller à la pérennité financière de notre système de santé. Voilà ce à quoi nous travaillons avec PharmAccess. » 

L’élaboration d’une stratégie de financement passe toutefois en premier lieu par la collecte d’informations.

« Ainsi, il nous faut savoir combien coûtent les soins de santé, quels diagnostics et traitements sont donnés à qui... en d’autres termes, il s’agit de collecter des données sur l’utilisation des services. Pour l’heure, nous ne remboursons les établissements de soins de santé que sur la base des services qu’ils fournissent. Mais sans ces données sur l’utilisation des services, nous ne connaissons pas le déficit de financement et nous ne pouvons pas prendre les bonnes décisions. » 

 

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Pour collecter ces données, Zanzibar mise pleinement sur la digitalisation, ce qui s’inscrit parfaitement dans l’approche de PharmAccess. Grâce à l’appui du programme Wehubit d’Enabel, PharmAcccess est en train de développer un système de gestion de l’information permettant d’enregistrer les patientes et patients, et de collecter des données sur la performance des soins, les diagnostics et les traitements. L’analyse des données permettra aux prestataires de soins de santé ainsi qu’au ministère d’identifier les interventions les plus appropriées et les plus urgentes pour améliorer les résultats en matière de santé, et de valider celles qui sont déjà mises en œuvre. 

« À travers ces activités, le gouvernement découvre ses bénéficiaires. Bien entendu, tous nos ressortissants et toutes nos ressortissantes ont droit à des soins de santé gratuits. Mais pour ce qui concerne les personnes qui ne sont pas enregistrées ici, nous allons peut-être faire appel à leur assurance pour rembourser nos frais. Ou leur demander une contribution. Cela représentera pour l’État des recettes supplémentaires, de l’argent qui permettra de réaliser des améliorations. Notre ambition est d’être en mesure de fournir à chaque Zanzibarite les soins dont il ou elle a besoin. Il ne saurait être question de les envoyer à l’étranger parce qu’un service n’est pas disponible, ou parce que leurs médicaments sont en rupture de stock. »