Le Bénin a pour ambition d’au minimum doubler sa production d’anacardes d’ici 2021. La technologie numérique peut contribuer à faire en sorte que cette croissance soutienne la biodiversité et améliore la résilience des petit·es agriculteur·rices grâce à l’adoption de pratiques climato-intelligentes.

Caju Benin

La noix de cajou est la deuxième culture d'exportation au Bénin. Le projet CajuLab de TechnoServe vise à permettre aux agriculteurs
de maximiser simultanément la productivité et les avantages environnementaux de la culture de la noix de cajou
. © TechnoServe

L’augmentation de la demande mondiale d’anacardes a également entraîné un intérêt accru pour cette culture chez les agriculteur·rices du Bénin. Le gouvernement béninois a récemment fixé un objectif de production à hauteur de 300.000 tonnes/an d’ici 2021. Pour y parvenir, le gouvernement prévoit de faire passer la surface cultivée à 60.000 hectares. Si la filière anacarde n’adopte pas une stratégie appropriée, cette croissance de la production pourrait ne pas avoir d’avantages environnementaux nets, voire entraîner une perte de biodiversité et un impact négatif sur les populations marginalisées. Il est dès lors vital que les acteurs de cette filière élaborent et mettent en œuvre des politiques et des stratégies visant à garantir la durabilité écologique de cette augmentation de la production.

L’agriculture climato-intelligente constitue une approche efficace pour parvenir à des systèmes agricoles durables. À l’heure actuelle, on ne sait pas vraiment dans quelle mesure les producteur·rices d’anacardes du Bénin adoptent des pratiques climato-intelligentes ou comment l’augmentation des plantations a modifié la gestion foncière du pays ces dernières années.

Maximiser la productivité et les avantages environnementaux avec CajuLab

Le projet CajuLab, financé par Wehubit et mis en œuvre par TechnoServe, en collaboration avec l’Agence Territoriale de Développement Agricole et la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin (FENAPAB), collabore avec une société béninoise de drones et une équipe internationale de recherche en algorithmique pour exploiter des technologies émergentes comme les drones et l’apprentissage automatique dans l’optique d’accroître durablement la production d’anacardes.

Sahadatou ATTA KAKAYATCHI

« Le projet CajuLab est le bienvenu dans cette ère numérique. Je suis heureuse qu’il s’intègre au secteur agricole béninois. Je souhaite contribuer étroitement au projet, afin qu’il atteigne les objectifs, tout en tenant compte des problèmes auxquels nous sommes confronté·es en tant qu’agriculteur·rices dans nos exploitations. »

Alex NOUGBODOHOUE

 

« CajuLab est un projet pertinent pour développer un répertoire précis des plantations d’anacardiers. Je pense qu’il peut contribuer à faire avancer l’agriculture béninoise sur le plan technologique. 
J’espère qu’à la fin du projet, il existera une base de données fiables sur les plantations (zones, cartes précises, nombre d’arbres par plantation), car ce n’est pas le cas actuellement. »

Des drones équipés d’une technologie d’imagerie avancée seront utilisés pour effectuer la cartographie aérienne des plantations d’anacardiers. Un algorithme automatisera ensuite la classification des anacardiers, l’évaluation de l’état des plantations, les pratiques agricoles adoptées par les agriculteur·rices, l’état du sol, etc. Ces informations permettront de mieux cibler les agriculteur·rices et de déterminer le contenu des modules de formation qui leur seront dispensés en vue de promouvoir des techniques agricoles climato-intelligentes. Le projet facilitera la formation de quelque 10.000 agriculteurs et agricultrices à l’agriculture climato-intelligente. Le kit de formation sera partagé avec les partenaires, afin que son impact perdure après la clôture du programme.

Drone Pxbay

© TechnoServe

Collaborer avec les agriculteurs pour une production durable

TechnoServe a présenté le projet CajuLab à Parakou (nord du Bénin) aux producteur·rices d’anacardes et aux organisations partenaires de la filière, notamment l’Agence Territoriale de Développement Agricole, la Fédération Nationale des Producteurs d’Anacarde du Bénin et ses filiales, et la Fédération Nationale des Pépiniéristes d’Anacardiers Certifiés du Bénin.

L’atelier de présentation du projet a inclus une visite d’une exploitation pour illustrer clairement les avantages du projet CajuLab

Producteur d’anacardes dans le village de Gounin à Parakou (nord du Bénin), Sabiwo Tabe possède une exploitation de 3 hectares d’anacardiers plantés il y a 15 ans. Au moment de la plantation des anacardiers, M. Tabe n’a pas respecté les directives d’espacement recommandé, car il n’avait pas eu de formation sur les bonnes pratiques agricoles. Quinze ans plus tard, il affirme ne toujours pas disposer des connaissances nécessaires pour prendre bien soin de sa plantation et obtenir des résultats satisfaisants. En conséquence, la plantation est en mauvaise santé (les plantes sont de couleur jaunâtre) et les anacardiers sont entremêlés et produisent moins. En outre, il ne sait pas combien d’anacardiers compte sa plantation. Concernant les résultats escomptés du projet CajuLab, il déclare :

« Le projet CajuLab me permettra d’augmenter mes rendements et ma production, et me motivera à mieux prendre soin de ma plantation à l’avenir. »

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M. TABE fournit des informations sur sa plantation d'anacardiers lors d'une visite sur le terrain le 5 décembre 2019.
© TechnoServe

Le projet CajuLab permettra ainsi de mieux cibler et former bon nombre d’agriculteur·rices, comme Sabiwo, en tenant compte de leurs besoins réels, afin qu’il·elles puissent accroître durablement leur production.

La prochaine étape du projet consiste à lancer des activités de collecte par drones sur les parcelles d’anacardiers des agriculteur·rices ciblé·es. Toutes les activités se feront en partenariat avec les agriculteur·rices dont les connaissances et les idées ont été identifiées comme éléments clés pour l'atteinte des résultats.