Partenaire de mise en oeuvre Physicians for Human Rights
Période de mise en oeuvre 12/2019 – 11/2021
Outils numériques Appli mobile
Pays RD du Congo
Secteur Santé
Budget 315.000 €
Contribution aux ODD sdg 3sdg 5sdg 16

 

Quelle est l’ambition du projet ?

Chaque année, des dizaines de milliers d’adultes et d’enfants sont victimes de violences sexuelles dans les zones de conflit à travers le monde. La plupart des survivants ne signalent pas ces crimes, mais les cas de ceux qui le font n’aboutissent bien souvent pas en raison du manque de preuves.

Les examens médicolégaux sont rarement effectués, les dossiers médicaux sont incomplets et les cliniciens, les forces de l’ordre, les avocats et les juges ne communiquent pas entre eux ou ne se comprennent pas.

Les établissements de santé et les commissariats de police qui utilisent des formulaires papier manquent souvent d’espace de stockage adéquat pour en assurer une conservation sécurisée. Ils éprouvent souvent des difficultés à parcourir de longues distances pour récupérer les preuves en raison de mauvaises routes ou du manque d’accès à des véhicules.

Pour relever ces défis, même dans les environnements aux ressources les plus limitées, Physicians for Human Rights a développé MediCapt, une application mobile pour aider les cliniciens à documenter les preuves médicolégales de violence sexuelle lors d’une rencontre avec un patient.

MediCapt a été conçue afin de permettre aux cliniciens de recueillir, stocker et partager en toute sécurité les preuves médicolégales de crimes sexuels et sexospécifiques avec les professionnels du droit et les forces de l’ordre, tout en respectant la chaîne de contrôle, en protégeant la vie privée des patients et l’identité des témoins, et en prévenant la destruction ou la perte de preuves essentielles.

Volet numérique

MediCapt est une double application basée sur Android ; d’une part, sur les appareils mobiles, tels que les smartphones et les tablettes, elle convertit les formulaires papier d’admission médicale sur une plateforme numérique qui incite les cliniciens à recueillir des preuves médicolégales normalisées auprès des survivants, y compris les signes physiques et psychologiques.

D’autre part, un tableau de bord en ligne sur le web permet aux policiers, aux avocats et aux juges d’accéder en toute sécurité aux renseignements pertinents sur les cas téléchargés par les cliniciens.

MediCapt permet de s’assurer que, contrairement aux documents papier, les preuves sont enregistrées de manière exhaustive, qu’elles ne sont pas facilement perdues ou compromises, et que les informations sont lisibles de sorte que les professionnels du droit puissent les utiliser pour monter des dossiers et poursuivre les auteurs des violences. Elle aborde également le problème récurrent des ruptures de stock de formulaires papier qui empêchent de documenter les crimes sexuels et sexospécifiques.

En intégrant des capacités de capture de photos sécurisées, les cliniciens peuvent utiliser MediCapt pour collecter des photographies médicolégales des blessures des survivants et transmettre les données en toute sécurité aux autorités qui poursuivent les auteurs de violence sexuelle. Cette technologie de documentation prend également en charge un pictogramme interactif du corps humain qui permet aux cliniciens d’y indiquer l’emplacement et les caractéristiques des blessures du patient, et les invite à prendre des photos médicolégales des plaies correspondantes. Les preuves sont essentielles pour garantir des enquêtes policières solides et des poursuites efficaces.