Dans le nord de la Tanzanie, les Départements de l’élevage des districts fournissent des services vétérinaires afin de prévenir la propagation des maladies animales et de mettre en place des traitements adaptés. Cependant, en l’absence d’outils numériques de surveillance de la santé animale dans les vastes pâturages communaux, le contrôle épidémiologique des maladies du bétail constitue une tâche ardue. Grâce à AfriScout, les vétérinaires et paravétérinaires peuvent désormais suivre et géolocaliser les alertes sur les maladies animales postées par les éleveurs et éleveuses en temps réel, et assurer de la sorte des soins plus réactifs et de qualité.  

Le Dr Mshana est l’un des deux seuls vétérinaires du district de Simanjiro, un district pastoral de 20.591 kilomètres carrés comprenant entre autres la célèbre steppe Massaï. Il travaille en parallèle avec 25 agent·es de l’élevage sur le terrain et quelque 60 paravétérinaires. En temps normal, le Dr Mshana reçoit des informations sur l’apparition des maladies et les épidémies par l’intermédiaire de ces agent·es de l’élevage ainsi que des agent·es communautaires de santé animale. Toutefois, ce mode opératoire ainsi que la mise en place d’interventions appropriées prend généralement beaucoup de temps (jusqu’à une semaine), ce qui se traduit par une plus forte probabilité de mortalité du bétail et un risque élevé d’infection humaine en cas de zoonoses.   

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Le Dr Mshana en train de soigner une des chèvres ©Afriscout

Grâce au lancement de l’application AfriScout à Simanjiro, le Dr Mshana reçoit désormais les informations préliminaires sur l’incidence des maladies via les alertes publiées par les éleveurs et éleveuses. Dès qu’une épidémie se profile, il peut ainsi en être averti et prendre des mesures le jour même. Le Dr Mshana a déclaré utiliser l’application AfriScout pour planifier des campagnes de vaccination dans les zones touchées par des épidémies, pour fournir des services de déparasitage dans les zones en proie à de fortes infestations vermineuses et pour installer des pièges à mouches dans celles infestées de mouches tsé-tsé. Il utilise également les cartes de végétation d’AfriScout en combinaison avec les plans d’occupation des sols villageois pour contribuer aux formations sur le pâturage rotatif planifié et les migrations de troupeaux, dispensées sur le terrain dans l’optique d’une meilleure gestion des parcours. 

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Le Dr Mshana explique à des agents d’Afriscout où et comment installer les pièges à mouches tsé-tsé suite aux alertes révélant une incidence élevée de trypanosomiase. ©Afriscout

Comme AfriScout permet également aux éleveurs et éleveuses de signaler d’autres risques, tels que des prédateurs ou des restrictions de pâturage, le Dr Mshana a pu mieux planifier les activités sur le terrain avec le département vétérinaire. Ainsi, en mars de cette année, une alerte sur un foyer de péripneumonie bovine - CBPP a été émise dans le village de Lerumo. Dans ce même village, une autre personne a posté une alerte prédateur concernant un éléphant errant dans les environs. Sur la base de ces alertes, le Dr Mshana et ses collègues ont décidé d’emprunter un autre chemin pour se rendre au village afin de vacciner les animaux de l’autre côté de Lerumo.   

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Le Dr Mshana forme des pasteurs à l’utilisation correcte des pâturages. ©Afriscout