En moyenne, quelque cinq cent mille touristes visitent chaque année la région tanzanienne semi-indépendante et archipel de Zanzibar. Pour ceux et celles séjournant dans l’une de ses nombreuses stations luxueuses, le « revers de la médaille » reste bien caché. Et même si Zanzibar tire parti du tourisme, il est considéré comme un pays à revenu faible/intermédiaire. La population zanzibarienne doit faire face à des difficultés telles qu’un accès limité à des services de santé de qualité et un système lacunaire de référencement entre dispensaires.

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Le clinicien Abdulmalik Moh'd Hassan capturant des données dans l'unité de soins de santé primaires de Myuni
(© PharmAccess Foundation)

Vu le statut de semi-indépendance de Zanzibar, le gouvernement s’est engagé à fournir des soins de santé à l’ensemble de ses 1,5 million de citoyen·nes. Parmi les personnes ne ménageant pas leurs efforts pour améliorer la situation de la population zanzibarienne, on trouve M. Abdula Ali (58 ans), Coordinateur Santé au President’s Office Regional Administration and Local Government (PO-RALG).

L’intérêt de M. Ali pour les soins de santé a été suscité très précocement. Il se souvient qu’un responsable gouvernemental de la santé a rendu visite à sa classe alors qu’il était au lycée. Le professeur enseignait alors aux élèves les maladies transmissibles d’une personne à l’autre, comme le VIH, le virus Ebola et les hépatites A et B. Peu de temps après, il a décidé de consacrer sa carrière aux soins de santé. 

Grâce au soutien du programme Wehubit d’Enabel au projet SafeCare de PharmAccess (qui vise à améliorer la qualité et la viabilité financière du système de santé zanzibarien), des personnes comme M. Ali pourront se concentrer sur l’amélioration de l’accès communautaire à des soins de santé de qualité. L’appui de PharmAccess a commencé par une évaluation des niveaux de qualité actuels de 44 centres de soins de santé primaires, qui assurent les services de santé de base à la communauté.

Si M. Ali se réjouit certes des perspectives offertes par les évaluations continues, un élément l’intéresse tout particulièrement, à savoir l’amélioration du système de référencement.

Actuellement, Zanzibar ne dispose pas d’un système adéquat de suivi des patient·es ; les envoyer d’un centre de santé à un autre peut s’avérer peu clair et compliqué.

M. Ali : Je suis tombé sur le cas d’une mère qui a perdu la vie à cause d’un référencement tardif. Son précédent accouchement ayant nécessité une césarienne, elle aurait dû être renvoyée plus tôt vers un centre plus spécialisé. Cet exemple dévastateur me motive d’autant plus à contribuer à l’amélioration du système. 

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M. Abdula Ali (à droite) lors d'un sommet sur la santé à Dodoma, en Tanzanie (© PharmAccess Foundation)

Grâce au soutien du programme Wehubit d’Enabel, PharmAccess a formé des membres du ministère de la Santé en tant qu’évaluateurs et évaluatrices de la qualité des centres de santé à travers tout le pays.

 M. Ali : Nous devons suivre nos progrès et voir à quel niveau la qualité est insuffisante. Par exemple, là où les équipements sont en panne, où nous avons besoin de main-d’œuvre ou de fournitures supplémentaires. C’est là un travail très important. Vu nos budgets limités, il vaut donc mieux savoir où investir en priorité. 

M. Ali contribue également à l’organisation de la formation sur les capacités du gouvernement et du personnel de santé afin qu’ils adoptent pleinement la méthodologie de qualité et la technologie numérique.

M. Ali : Auparavant, nos efforts d’amélioration étaient plus ponctuels ; à présent, ils s’inscrivent dans un plan solide et numérisé dans lequel nous pouvons suivre les progrès au fil du temps.

Bien que le projet n’en soit qu’à ses balbutiements, M. Ali est enthousiaste quant au soutien de PharmAccess pour améliorer la sécurité de la clientèle:

Au cours de l’une de nos premières réunions, nous avons examiné certains résultats d’évaluation et constaté que certaines lacunes en matière de qualité, par exemple la ségrégation adéquate des déchets hospitaliers, ne nécessitaient pas un investissement financier important, mais plutôt un changement dans la façon de procéder. Nous avons immédiatement pris contact avec les responsables de la santé au niveau du district pour discuter des premières mesures à prendre pour arriver à une amélioration. Le fait que l’appui soit aussi pratique est un véritable atout pour ce projet.

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Wehubit appuie l’évaluation des capacités de 44 établissements de soins de santé primaires à Zanzibar. Le projet est censé aboutir à des améliorations structurelles de la qualité en termes de sécurité et d’efficacité des soins prodigués. 

Il a recours à une méthodologie de qualité numérique de SafeCare pour évaluer les niveaux de qualité actuels. Les prestataires de soins de santé peuvent accéder aux données via leur téléphone portable.

L’évaluation des 44 établissements a révélé des lacunes en matière de qualité. Chacun d’entre eux reçoit un plan d’amélioration de la qualité fait sur mesure qui identifie les actions à privilégier pour améliorer leurs services.

Les établissements bénéficient également des ressources nécessaires pour mettre en œuvre leurs plans d’amélioration et ce processus est appuyé par des gestionnaires de santé.